jeudi 29 septembre 2016

dans la corbeille (3)

Donc vous avez bien compris que non seulement l'extrait ci-dessous ne sera pas dans le roman à paraître en février, mais qu'il n'y a strictement rien de commun entre ce passage et le roman annoncé : ni dans le ton, ni dans le style ni dans le sujet. En tout cas moi je n'ai rien vu.


C’est en revenant dans ma peau que j’ai remarqué quelque chose d’inhabituel : j’avais peur du noir. Ce noir n’avait pourtant rien de bien effrayant. Alors j’ai consulté mes traits de caractère et j’ai constaté que je n’étais pas seulement amical comme je le croyais jusqu’à présent, j’étais aussi lâche. Ça ne m’a pas plu, d’être lâche. Je n’avais pas prévu ça. Bien sûr, l’imprévu est prévu, et heureusement car sinon ma vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. Mais tout de même, à quoi cette lâcheté va-t-elle bien pouvoir me servir ? Je n’ai aucun besoin d’être lâche. La lâcheté ne me sera d’aucune utilité dans le projet qui est le mien. Je ne pense pas qu’elle soit d’une grande nuisance non plus, mais tout de même, elle prend la place d’un autre trait de caractère plus nécessaire. D’autant plus que je n’ai toujours pas le sens de l’humour, qui me serait bien plus utile.  

mercredi 28 septembre 2016

dans la corbeille (2)

Tiens, encore un extrait qui n'est pas tiré du roman que vous vous arracherez en février prochain mais de celui que vous ne lirez jamais :

 J’étais assis par terre en train de regarder la télé. Yaelle Lopard, ma nouvelle baby-sitter, avait la vie tranquille. Elle aussi regardait la télé, mais elle était assise sur une chaise de la salle à manger.
Le programme tournait en boucle. Maître Lapin arrivait avec ses deux amis, ils gambadaient dans la rue à notre rencontre. Suivait un gros plan sur Maître Lapin qui nous faisait coucou sur fond de flammes. Puis la vache en colère envoyait un verre d’eau à la figure du capitaine. La vache nous saluait alors sur fond de flammes. Après il y avait une fille qui se prenait pour une ballerine devant sa maison, avant elle aussi de nous dire au revoir sur fond de flammes. Un blond revêtu d’une tunique toute en feuilles vertes traînait vaguement dans la nature, puis soufflait vers nous un pissenlit sur fond de flammes. Apparaissait alors un explorateur maléfique dans la verdure. Il avait une petite moustache fine. Sur fond de flammes il regardait dans ses jumelles et sans transition sur le même fond de flammes un homme-singe menaçant se tambourinait la poitrine, ce qui terrorisait l’explorateur maléfique. Puis tout le monde se retrouvait à danser dans la rue une chorégraphie menée par Maître Lapin sous le ciel bleu.

Ce fond de flammes n’en était peut-être pas un. On voyait surtout des formes, plutôt des cellules que des flammes, tout compte fait. Des globules rouges, peut-être.



mardi 27 septembre 2016

Pas un mot

J'adore parler mais dire quelque chose m'est vraiment difficile. Rien qu'à l'idée de dire je me referme tel une huître muette comme une carpe dont on aura, on le devine, le plus grand mal à tirer les vers du nez ; ce n'est pas avec ceux-là que vous irez à la pêche aux confidences. Je ne vous dirai rien. Je préfère vous donner comme hier quelques débris d'un roman que vous ne lirez jamais plutôt que de vous révéler ne serait-ce que le titre de celui qui paraîtra début février. Tenez-le-vous pour tu.

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lundi 26 septembre 2016

dans la corbeille

 Alors, sans quitter la peau de David, je me suis pris dans ses bras, moi le petit Angus, et je me suis emmené chez elle. Elle n’habite d’ailleurs pas si près, pour une voisine ; nous avons dû prendre le taxi.


Ça, par exemple, ça fait partie d'un roman que vous ne lirez jamais, je crois. Ou alors juste quelques petits bouts de temps en temps, ici même, parce que ça a beau être raté, on l'aime bien quand même.

dimanche 25 septembre 2016

confidence

Croyez-le ou non : depuis Pas Liev, j'ai écrit trois romans. Trois. Et d'autres trucs en plus. Vous vous demandez sûrement comment je fais. J'ai un secret en effet : tout ce que j'écris n'est pas bon.

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samedi 24 septembre 2016

J'ai des expériences à faire.

Une femme a un projet, qu'elle croit clair. Ce qui est clair, c'est qu'elle a un projet, et qu'un projet, c'est toujours autre chose que ce à quoi on finit par parvenir. Parce qu'on ne savait pas, en fait.
Ne comptez pas sur moi pour vous parler du sujet apparent.

"Quand la ligne claire a commencé de monter le pierrier à ma rencontre, je me suis levée, j'ai retrouvé la largeur naturelle de ma voie avec un sentiment de confort absolu, foudroyant, et j'ai dévalé le chemin comme ça, en volant, les pieds bien écartés.
J'y retourne demain. J'ai des expériences à faire."

Céline Minard, Le Grand Jeu, Rivages, 2016, p. 152.

Tiens, pendant que j'y suis je vous photographie la page 153.


mercredi 21 septembre 2016

samedi 17 septembre 2016

lettres superflues

Il suffit d'un rien pour ne plus reconnaître les objets les plus familiers. Que deux lettres superflues s'y déposent et voici mon étagère étrangère.